Le Pont du Gard est un morceau de l’aqueduc romain qui conduisait l’eau d’Uzès à Nîmes. C’est l’ouvrage le plus impressionnant des cinquante kilomètres de canal.

Construit au début de notre ère avec les pierres extraites sur les lieux mêmes dans les carrières romaines environnantes, il enjambe le Gardon, rivière capricieuse, sur une longueur de 360 mètres. Il est formé de 3 niveaux d’arches supportant le canal couvert situé à 48 mètres du sol. Il est le plus haut pont-aqueduc connu du monde romain.

Une silhouette à l'apparence fragile.
Pilier de la 2ème rangée d'arches.

En observant avec soin la face interne des piliers en grand appareil du deuxième étage du Pont on découvre aisément le travail des bâtisseurs romains :  techniques de taille des blocs (traces de coup d'escoude) et techniques de construction (blocs posés en carreau et boutisse et blocs saillants pour la mise en place des échafaudages).

En s'approchant, on ne peut qu’être émerveillé de la précision d'assemblage à sec des blocs : chaque bloc était assemblé aux autres par le ciselage des joints sur place. Certains blocs pèsent près de 6 tonnes !

Face aval du Pont
Des millions de coquillages...

La pierre de Vers utilisée à la construction du pont venait des carrières avoisinantes : il s'agit d'un calcaire coquillier d'une texture assez grossière et se prêtant très bien à la taille.

De nombreuses traces et gravures parsèment la surface du pont. Ce sont soit des marques d'assemblage indiquant la place que les claveaux de voûtes devaient occuper, soit des symboles gravés par les romains comme le «phallus», symbole de la fécondité ou soit des marques laissées par les compagnons du devoir pour qui le Pont du Gard constituait et constitue encore une étape obligée.

Un cartouche de compagnon
Le Pont c'est aussi des centaines de pages d'écriture...

Du Moyen-Age jusqu'au XVIIIème siècle, le Pont fut utilisé pour franchir le Gardon. Les piles des arches du deuxième étage furent entaillées dans leur épaisseur pour faciliter la circulation des voitures et charrettes, compromettant gravement la solidité de l'édifice.

A partir de 1702, les échancrures dans les piles furent en partie colmatées et, face à chaque pile, des passages en encorbellement furent aménagés pour élargir la voie. En 1747, l'ingénieur Pitot accola aux arches de l'étage inférieur un pont routier pour que le trafic puisse être assuré sans risque pour le monument.

Le Pont, vu de la rive gauche du Gardon.

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